La DSI, un acteur incontournable pour contribuer à la politique RSE de l’organisation

Les DSI pertinentes sur tous les aspects de la politique RSE

La loi REEN, du 15 novembre 2021, a pour ambition forte de réduire l’empreinte environnementale du numérique en France. Elle constitue l’impulsion à partir de laquelle les directions des systèmes d’information se sont souvent emparées de la question du numérique responsable pour déployer une stratégie spécifique au sein de leurs organisations. C’est donc sous l’angle du Green IT que les DSI avancent sur la question de la RSE et agissent pour minimiser l’impact de leurs usages numériques sur l’environnement, responsables aujourd’hui de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Cependant, les actions de la DSI en faveur d’un numérique plus vertueux ne se limitent pas à l’aspect environnemental. Elles intègrent également des aspects de responsabilité sociale et sociétale à travers la notion d’éco-conception. Comment le numérique peut-il devenir plus inclusif, pour être accessible aux personnes handicapées, quand on sait que plus de 10 % de la population française est concernée ? Comment réduire la fracture numérique, à laquelle est confrontée près de 20% de la population française, alors que les parcours usagers et clients 100% digitalisés se développent de façon exponentielle depuis la crise sanitaire ? Les DSI sont ici garantes de proposer des services numériques accessibles à tous.

Enfin, dans un milieu encore très masculin, la DSI doit participer à l’effort de mixité au sein de l’entreprise, en faisant connaitre les métiers du numérique aux talents féminins et en favorisant leur intégration dans cette filière d’avenir. Il est donc clair que la DSI est une contributrice incontournable de la politique RSE de l’organisation, aussi bien sur son cœur d’activité technique, via les outils qu’elle met en place, qu’en tant qu’entité à part entière.

 

Des actions à forts impacts à la main de la DSI, pour contribuer directement à la politique RSE de l’organisation

Si près de 10% de l’empreinte environnementale du numérique est liée aux usages que les utilisateurs en font, c’est bien la fabrication des appareils numériques et le fonctionnement des data centers qui en constituent la majeure partie, à hauteur respectivement de 70 et 20%, selon l'Ademe. Ces données, aujourd’hui bien documentées, permettent aux DSI de prioriser les actions à forte valeur ajoutée qu’elles peuvent mettre en œuvre à leur niveau.

 Les pistes d’amélioration peuvent concerner :

 -La gestion des achats de matériels ou de prestations IT, en intégrant des clauses applicables par les fournisseurs, en matière d’écoconception, d’accessibilité, de gestion pérenne des matériels, et notamment le recyclage, la réparabilité, le réemploi ;

-L’optimisation de la consommation énergétique de l’ensemble des appareils informatiques gérés, depuis le paramétrage des appareils bureautiques (mise en veille, mise en veille prolongée et arrêts automatisés) jusqu’aux améliorations possibles concernant les data centers, comme la virtualisation des serveurs physiques, l’urbanisation de salles dédiées… ;

-La mise en place de nouveaux indicateurs de pilotage, en cohérence avec la gouvernance établie pour gérer la politique RSE de l’organisation, en matière de consommation d’eau, d’énergie, de gestion des déchets, d’achats responsables… ;

-L’implication et la formation des collaborateurs de la DSI, pour leur permettre d’intégrer les principes de l’écoconception dès les phases de cadrage des projets et de sensibiliser les bénéficiaires internes et externes sur ces sujets.

Toutes ces actions peuvent être mises en valeur à travers une démarche de labellisation, comme peut le proposer l’Institut du Numérique Responsable et sa charte que les entreprises peuvent signer. 

Au-delà de ces aspects techniques, le numérique responsable est aussi et avant tout un projet de management de l’organisation. Il s’agit d’un changement d’approche profond allant de la prise de conscience des impacts du numérique à la mise en place d’actions testées sur un périmètre restreint avant d’être déployées à grande échelle. Comme pour tout projet de transformation, l’implication de la DSI sur le volet de la RSE nécessite un plan d’accompagnement au changement, impulsé et soutenu par l’ensemble des strates managériales et avant tout, par le plus haut niveau de l’entreprise.

 La stratégie numérique responsable, point de départ de l’action de la DSI pour sa politique RSE

La stratégie portée par la DSI doit lui permettre de fixer et de faire approuver à haut niveau une vision et une feuille de route claires pour mobiliser les moyens requis afin de déployer des actions numériques responsables. Si cette feuille de route numérique doit s’inscrire en cohérence avec la politique globale de la RSE, la DSI est à la manœuvre pour définir les bons leviers qu’elle pourra actionner à l’échelle de toute l’organisation, sur la base de la maîtrise de son parc informatique et de son offre de services.

 

Cela ne signifie pas néanmoins que la DSI doit être seule pour établir et piloter sa stratégie et de sa feuille de route numériques. D’autres directions peuvent y contribuer, comme c’est bien sûr le cas des équipes RSE, mais aussi par exemple de la Communication et des Ressources Humaines, sur la thématique de la mixité dans les métiers du numérique.

 

Les DSI ont en effet l’opportunité d’inscrire dans leur plan de développement l’objectif de renforcer l’attrait de leurs métiers auprès des femmes et ainsi répondre à plusieurs enjeux : élargissement du vivier de recrutement pour faire face à la pénurie des talents, et l’accroissement de la performance des équipes, grâce aux avantages de la mixité. Pour cela, plusieurs leviers peuvent être actionnés :

 Promotion des collaboratrices travaillant dans les équipes de la DSI, aussi bien en interne qu’en externe ;

Développement des stages, y compris vers les plus jeunes, avec les stages de 3ème.

Comme toute stratégie, la feuille de route numérique de la DSI doit être pilotée, c’est-à-dire s’appuyer sur un dispositif de gouvernance, à même de garantir la mise à disposition des moyens pour l’atteinte des objectifs fixés, de suivre les chantiers conduits, et d’en rendre compte auprès des opérationnels et des sponsors. La collaboration entre les équipes RSE et celles de la DSI est ici capitale, pour intégrer les indicateurs sur les actions de la DSI dans la stratégie responsable de l’ensemble de l’organisation.

  La DSI, partie prenante dans la fourniture d’outils de pilotage de la stratégie RSE 

Au-delà de son action pour définir et implémenter une stratégie numérique responsable, la DSI est un acteur clé pour permettre aux autres directions de l’entreprise d’outiller et de piloter leur stratégie RSE. Notamment dans une optique règlementaire qui se renforce, en réponse aux obligations liées à la CSRD.

 Il sera nécessaire de définir les systèmes de reporting et de pilotage les plus à même de produire les informations attendues par les organismes réglementaires, de la manière la plus automatisée possible, et en garantissant l’exactitude des informations. Les informations à rechercher proviendront de sources multiples au sein de l’organisation : la DSI sera le moteur qui permettra d’identifier les sources de données et proposer l’outillage le plus adapté à la configuration de l’entreprise.

 La RSE d’aujourd’hui s’incarne de plus en plus dans les différentes actions menées par les organisations, et cela, à tous les niveaux. C’est ainsi qu’il faut comprendre les engagements sans cesse plus visibles des DSI sur ces sujets, pour faire émerger et mener à bien des projets ambitieux autour de la maîtrise de l’empreinte environnementale, de l’écoconception, de la mixité dans les métiers de l’IT, mais également pour mettre à disposition de l’entreprise les outils de pilotage de cette stratégie RSE. Ces projets constituent autant de leviers pour approfondir l’expertise des DSI et poursuivre leur œuvre de transformation numérique des organisations.

Article rédigé par Véronique Beaupère, Associée à Mazars en France et Clément Nicaise